28 – Menglon > Port Leucate (km 12 000 > km 12 800)

  • 2023/02/18 Menglon > Eurre, 64 km : Top dĂ©part !
  • 2023/02/19 Eurre > Alba-la-Romaine, 71 km : De la vallĂ©e du RhĂ´ne au Coiron.
  • 2023/02/20 Alba-la-Romaine, 0 km : Halte chez HĂ©lène.
  • 2023/02/21 Alba-la-Romaine > Joyeuse, 65 km : Un petit dĂ©tour dans le château de dame Florence.
  • 2023/02/22 Joyeuse > Saint Remèze, 48 km : Dans le maquis-qui-pique.
  • 2023/02/23 Saint Remèze > Sanilhac, 71 km : Des gorges de l’Ardèche Ă  celles du Gardon.
  • 2023/02/24 Sanilhac > Gallician, 56 km : Du Gardon Ă  la petite Camargue.
  • 2023/02/25 Gallician > Pont de Rousty, 42 km : Les Ă©tangs de Camargue avec Emmanuelle.
  • 2023/02/26 Pont de Rousty > Salin-de-Giraud, 50 km : Rencontre improbable en plein mistral.
  • 2023/02/27 boucle autour de Salin-de-Giraud 37 km : Les baisses et la plage de PiĂ©manson.
  • 2023/02/28 Salin-de-Giraud > Port Camargue, 73 km : TraversĂ©e du delta du RhĂ´ne.
  • 2023/03/01 Port Camargue, 0 km : Repos chez les Syklopattes.
  • 2023/03/02 Port Camargue > Villeneuve-lès-Maguelone, 48 km : CitĂ©s balnĂ©aires labyrinthiques.
  • 2023/03/03 Villeneuve-lès-Maguelone > Portiragnes, 75 km : De passage Ă  Sète.
  • 2023/03/04 Portiragnes > Gruissan, 55 km : DĂ©couverte de la cĂ´te audoise.
  • 2023/03/05 Gruissan > Port Leucate, 52 km : Suivi migration et arrivĂ©e Ă  bon port.

Notre hivernage au pied du Vercors aura duré deux mois, deux petits mois à faire décanter notre aventure scandinave, revoir notre famille, et reprendre des forces pour un nouveau départ à la découverte de l’Espagne.

Cette fois, nous repartons sur de nouvelles montures, conçues « Ă  la carte Â» par MW-cycles et dont on vous dĂ©taille les caractĂ©ristiques sur un article dĂ©diĂ©. Plusieurs fois repoussĂ©, nous fixons enfin le jour J au 18 FĂ©vrier. Ce dĂ©part a une toute autre saveur que le premier, oĂą nous sautions le pas de la vie Ă  vĂ©lo ; car après 12 000 kilomètres d’expĂ©rience en itinĂ©rance, nous avons maintenant plus d’assurance sur les questions matĂ©rielles, et avons toute confiance dans nos nouveaux vĂ©los.

Environs de Menglon
Jour J
Héron cendré

La première Ă©tape le long de la DrĂ´me a des airs de dĂ©jĂ -vus car nous avions empruntĂ© la vallĂ©e pour aller vers le Nord. Au terme d’une cinquantaine de kilomètres, sous un soleil de bonne augure et le chant des Fauvettes Ă  tĂŞte noire, nous arrivons dans la rĂ©serve naturelle des Ramières en marge de laquelle nous choisissons de bivouaquer au calme. Comment est-ce qu’on monte la tente dĂ©jĂ  ? Nous avons beau l’avoir plantĂ©e près de trois cents fois l’annĂ©e dernière, les rĂ©flexes se sont vite perdus auprès du poĂŞle Ă  bois cet hiver !

Mésange à longue queue
Berges de la DrĂ´me

Dimanche 19 Février. Cinq degrés sous la tente au réveil. Nous arrivons sur le Rhône vers onze heures, à la hauteur de la passerelle de Printegarde. Nous aurions pu choisir de filer en Camargue sur la via Rhôna mais nous avons opté pour un itinéraire plus corsé par l’Ardèche que nous voulions explorer. C’est surtout pour rendre visite à Hélène, la tante de Gabriel, qui vient à notre rencontre à vélo dans l’après-midi, un peu après Rochessauve. Nous grimpons avec elle jusqu’au plateau du Coiron pour redescendre sur Alba-la-Romaine. Nous faisons une courte pause devant le beau village de Sceautres, installé au pied d’un « neck », résidu magmatique ayant résisté à l’érosion, puis rendons un petite visite à Julien, le cousin de Gabriel, sur la parcelle de jardin dont il a bien l’intention de faire un paradis pour l’été. Hélène nous ouvre les portes de sa maison de pierre volcanique dans une petite ruelle d’Alba et nous transférons nos sacoches sous les voûtes de ce foyer chaleureux.

Passerelle de Printegarde Ă  la confluence DrĂ´me-RhĂ´ne
La plaine du RhĂ´ne
Paysage d’Ardèche
Le plateau du Coiron
Sphinx colibri
Le neck de Sceautres

Lundi 20 FĂ©vrier. A peine deux jours de vĂ©lo et nous sommes dĂ©jĂ  bien fatiguĂ©s. Le dĂ©nivelĂ© de la veille, le changement de rythme, et la nervositĂ© des prĂ©paratifs nous ont bien Ă©puisĂ©s. Aujourd’hui nous vivons donc au ralenti, et passons la journĂ©e en famille, agrĂ©mentĂ©e d’une belle randonnĂ©e sur les hauteurs d’Alba, sous un soleil Ă©crasant. Et s’il faisait trop chaud lorsque nous descendons vers l’Espagne ? Faudra-t-il renoncer si la sĂ©cheresse et la canicule s’invitent sur le parcours ?

Mardi 21 FĂ©vrier. Hop ! De nouveau sur les routes d’Ardèche, sous la grisaille. Après une dizaine de kilomètres laborieux sur une route-Ă -camions, nous rejoignons la vallĂ©e de l’Ibie, oĂą nous suivons les courbes du cours d’eau Ă  sec. Des perdrix rouges s’envolent sur notre passage, suivi d’un Ă©pervier. Nous apercevons les premiers Grosbecs-cassenoyaux dans les cimes des arbres effeuillĂ©s. Ă€ la hauteur de Lagorce, la première Fauvette mĂ©lanocĂ©phale du voyage sonne l’heure du pique-nique, face Ă  une friche qui se rĂ©vèle très intĂ©ressante pour toutes sortes de passereaux. Nous poursuivons vers Ruoms puis gravissons le plateau calcaire de Chapias avant de redescendre sur Joyeuse.

VallĂ©e de l’Ibie
Dans les environs de Chapias

Nous tenions Ă  faire un petit dĂ©tour par Joyeuse pour rendre visite Ă  Florence qui co-anime AllĂ´ la planète, la web radio des voyageurs, oĂą nous avions fait une apparition lors de notre ascension vers les contrĂ©es arctiques. Florence nous ouvre les portes du château de Joyeuse oĂą le studio de la radio est installĂ©, et nous explique le fonctionnement de cette aventure qui implique nombre de bĂ©nĂ©voles Ă  travers le monde. Nous prolongeons la discussion jusqu’au salon de thĂ© du square et repartons mĂŞme avec un petit cadeau offert par le gĂ©rant. Rien ne pouvait nous faire plus plaisir qu’un pot de crème de marrons !

Avec Florence Fortias de Allô la planète

Le jour baisse et il faut choisir dans quelle direction partir pour le bivouac du soir. Gabriel analyse les images satellites des environs, et parie sur une ruine perdue dans les vignes des environs de Rosières. La ruine est transformée en un énorme roncier, mais par chance, une petite plateforme plate, épargnée par les épines conviendra bien pour planter la tente.

Mercredi 22 Février. Nous émergeons avec le chuchotement des perdrix rouges qui doivent se déplacer quelque part dans les vignes. Une fois le soleil levé, nous sommes parés pour une nouvelle journée qui commence par un ravitaillement au supermarché, avant de remonter sur le plateau de Chapias. Nous y faisons cette fois quelques détours, pour explorer ce plateau rocailleux à la végétation sèche. C’est aussi l’occasion de tester nos vélos sur des chemins compliqués, dont on s’extrait sans trop de difficultés.

Plateau de Chapias

Peu après Vallon-Pont-d’Arc, nous rejoignons le cours sinueux de l’Ardèche. La rivière descend vers le RhĂ´ne, certes, mais qu’est-ce que ça grimpe dans les gorges ! On ne s’attendait pas Ă  autant de dĂ©nivelĂ© pour cette portion, et coupons l’ascension au niveau de la fameuse arche de pierre. Nous profitons du point d’eau de l’aire de repos pour nettoyer entièrement la sacoche de Gabriel dans laquelle a explosĂ© un yaourt. Par miracle, les Ĺ“ufs achetĂ©s ce matin sont intacts malgrĂ© les chaos de la piste de ce matin. Pendant notre pause, nous repĂ©rons les aller-retours de deux MĂ©sanges Ă  longue-queue dans le petit arbre face Ă  nous. Elles sont en train de construire une boule faite de lichens, de mousse et de matière cotonneuse, qui a l’air bien douillette. Cependant notre prĂ©sence les met en alerte Ă  chaque fois qu’elles rapportent du matĂ©riau au nid. Vu la frĂ©quentation du site en Ă©tĂ©, cela va ĂŞtre un sacrĂ© dĂ©fi d’élever une nichĂ©e au milieu d’un parking !

Nid de Mésange à longue-queue

L’après-midi à surplomber les gorges est grandiose. Nous arrivons au col du Serre de Tourre transpirants, pile au moment où un groupe d’ornithologues, longue-vue sur l’épaule, quittent le site. Peu de rapaces aujourd’hui à part quelques Vautours fauves et aucun signe de la vedette du coin, l’Aigle de Bonelli. Si les conditions s’améliorent, nous tenterons notre chance demain. Hélas, la pluie est annoncée dans moins de deux heures et semble s’installer pour les jours suivants.

Le bivouac nous paraĂ®t impossible Ă  proximitĂ© de la route des gorges (relief escarpĂ© et rĂ©serve naturelle). Nous la quittons donc en direction de Saint Remèze puis empruntons la route de la Madeleine. Sur la carte, l’endroit semble dĂ©sert. Mais en rĂ©alitĂ©, toute la zone est couverte d’un Ă©pais maquis infestĂ© de chasseurs. Il y a un pick-up tous les cent mètres. Quelques nez couperosĂ©s, coiffĂ©s d’une casquette orange fluo sortent des buissons de temps Ă  autre, fusil Ă  l’épaule. Les chiens dĂ©boulent d’un coup sur la route en suivant une piste. Autant vous dire que nous ne faisons pas les malins, sur nos petits vĂ©los, Ă  faire tinter nos sonnettes en continu pour nous signaler, des fois qu’ils nous prendraient pour des sangliers. La luminositĂ© baisse et le plafond nuageux avec, il faut qu’on trouve quelque chose en dehors de cette zone…

Sur notre carte, une aire de pique-nique pourrait ĂŞtre une bonne piste, mais manque de bol, il s’agit de la maison forestière, utilisĂ©e par les chasseurs après leur partie de paintball gĂ©ant dans le maquis : demi-tour ! Heureusement, Ă  moins d’un kilomètre, nous trouvons une petite parcelle Ă  l’abri des regards, quelque peu Ă  l’écart de la route. Nous vĂ©rifions que nous ne sommes pas en vue d’un pick-up et nous engouffrons entre les arbres, puis plantons la tente juste avant l’averse. OpĂ©ration bivouac rĂ©ussie ! Dans la soirĂ©e, les vĂ©hicules des chasseurs dĂ©filent dans un sens puis dans l’autre, sur la piste de graviers qui mène Ă  la maison forestière. Lorsque le flux s’interrompt, nous prenons une grande inspiration de soulagement. Enfin tranquilles.

Jeudi 23 FĂ©vrier. Une nuit vraiment tranquille. Pas un jappement de renard, ni un aboiement de chevreuil. Pas de grognement de sanglier. Il faut croire que les chasseurs ont tout tuĂ© la veille. « prĂ©levĂ© Â» comme ils disent. Un Pinson des arbres pousse la chansonnette de l’autre cĂ´tĂ© de notre toile de tente. Son refrain n’est pas tout Ă  fait complet, comme s’il s’entraĂ®nait pour ĂŞtre fin prĂŞt au printemps. Notre oreille s’accroche Ă  ses vocalises, jusqu’à ce qu’il prononce la phrase complète : « Tiens tiens tiens, voilĂ  FĂ©licien qui vient ! Â» (c’est ainsi qu’on imite un Pinson des arbres en langage humain). On l’applaudit !

Pinson des arbres

Nous plions le camp en vitesse pour aller prendre le petit dĂ©jeuner sur un des belvĂ©dères des gorges. Le brouillard est assez Ă©pais, on n’y voit pas Ă  vingt mètres. « chasse en cours Â». Encore eux ! Mais est-ce qu’ils y voient mieux que nous dans le brouillard pour se donner le droit de tirer lĂ -dedans ? Un des hommes, Ă©quipĂ© d’un talkie signale notre prĂ©sence aux autres joueurs. « Atteng’ssion cycliss Â» (avec l’acceng’ du coing’). MĂŞme avec nos sonnettes le pion suivant ne se retourne pas et sursaute lorsque l’on passe Ă  sa hauteur…

Les gorges de l’Ardèche

Le brouillard se dissipe brièvement, le temps d’apercevoir le méandre de Ribeirol. Ça ne sera définitivement pas une journée à rapaces… Qu’à cela ne tienne, nous engrangeons les kilomètres à défaut de pouvoir profiter du paysage et des oiseaux. Nous faisons le plein d’eau à Saint-Martin d’Ardèche puis nous hissons jusqu’à Salazac dans les forêts de châtaigniers. Nous quittons le maquis-qui-pique rempli de genévriers cades, pour de belles forêts humides où chante le Pic noir. Une longue descente nous fait atterrir à La Roque-sur-Cèze, où nous déjeunons à la faveur d’une courte éclaircie. L’après-midi est une succession de lignes droites en direction d’Uzès, dont nous nous éloignons pour trouver un terrain pour notre bivouac. Marine repère un panneau de départ de randonnée après Sagriès, qui mène à une table d’orientation et où l’on trouve même une table de pique-nique non cartographiée. Ce sera notre premier planter de sardine sous un amandier en fleurs.

Vendredi 24 Février. Les sangliers ne sont pas passés loin cette nuit. Marine les a entendus remuer dans les cailloux tout près de la tente. Dans la mesure où la nourriture et les déchets sont toujours rangés dans les sacoches hermétiques, il n’y a pas de soucis à se faire. Nous plions vite la tente entre deux averses et nous abritons sous le grand cyprès quand la pluie s’intensifie.

Nous traversons le Gardon (à sec) en tenue complète de pluie, et atteignons le sommet du plateau de Poulx, au beau milieu d’une zone militaire en activité, aussi ruisselants à l’intérieur que nos ponchos. Hasard des choses, nous enlevons enfin notre drapé de PVC à côté du toréador de bronze qui étale sa muleta sur le parvis des arènes, après avoir essuyé un gros grain à l’entrée de la ville. Nous poursuivons en direction de Générac où nous trouvons un abribus parfait pour laisser passer l’épisode de pluie pendant le repas. Il faut tout de même attendre 15 heures que cela se calme un peu.

Le torero au poncho

Marine tient Ă  passer par des voies non revĂŞtues avant Vauvert, car c’est lĂ  que se situent certains hotspots ornitho (dĂ©crits dans le livre OĂą voir les oiseaux en France des Ă©ditions Biotope). L’alternance de terrains cultivĂ©s et de friches est en effet intĂ©ressante. On dĂ©nombre beaucoup d’espèces de passereaux sur un mĂŞme arbre. Notamment des Bruants proyers et un paquet de fringillidĂ©s. Un cri inhabituel provient d’un arbre au loin d’oĂą s’envolent deux gros oiseaux : des Coucous geais ! Ils filent en quelques coups d’ailes au-dessus des oliviers. Deux adultes arrivĂ©s tĂ´t dans la saison, sĂ»rement pour ĂŞtre les premiers en repĂ©rage pour parasiter les nids des pies. Le crachin reprend et nous devons Ă©courter les pauses ornitho et ranger les jumelles Ă  contrecĹ“ur.

Nous traçons en direction de Vauvert pour faire un plein avant notre boucle en Camargue oĂą nous aurons peu de points de ravitaillement. Nous ne faisons pas de dĂ©tour pour l’eau, en espĂ©rant en trouver Ă  Gallician sur le Canal du RhĂ´ne, que nous rejoignons par une belle portion cyclable avec les lumières du soir. Par chance, le responsable de la capitainerie est dans les parages et nous ouvre les sanitaires du petit port de plaisance, oĂą nous pouvons remplir toutes nos gourdes et faire un brin de toilette. Nous longeons le canal pour trouver un bivouac le long de la voie cyclable, Ă  l’écart du passage et des voitures, Ă  un petit kilomètres de l’étang du Charnier. Nous apercevons Ă  travers les roseaux quelques Flamants roses. Des Ibis falcinelles dĂ©filent dans le ciel. Le Busard des roseaux apparaĂ®t au-dessus de la roselière. Les grenouilles commencent Ă  s’activer. Bienvenue en Camargue !

Samedi 25 Février. Notre amie Emmanuelle vient passer le week-end avec nous, et nous prévoyons de nous retrouver à la réserve de Scamandre. Avant cela, nous prenons notre temps entre les étangs de Charnier et du Crey pour faire quelques pauses photo, écouter les Luscinioles à moustaches, contempler les Grandes aigrettes.

Grandes aigrettes

Le bas-cĂ´tĂ© est assez Ă©troit, mais Ă  vĂ©lo on peut s’arrĂŞter vraiment n’importe oĂą pour avoir de bons points de vue sur les Ă©tangs. Lors d’une de ces pauses, une espèce de grosse foulque fait son apparition Ă  la lisère des roseaux. Elle a un bec rouge vif et un plumage aux reflets bleutĂ©s. Une Talève sultane ! Une deuxième sort elle aussi, en arrière plan, pendant que la première s’ébroue dans l’eau. Le temps d’un lissage de plumes et elles disparaissent toutes les deux.

Lusciniole Ă  moustaches
Talève sultane

Gabriel surveille les vélos pendant que Marine part en repérage sur les sentiers pédagogiques de la réserve. Emmanuelle nous rejoint en voiture, grand sourire et le teint hâlé par la vie montagnarde du Mercantour. Un petit tour pour aller voir les canards depuis l’observatoire (Canards souchets, Fuligules milouins et Nettes rousses notamment), puis nous sommes de retour pour partager un repas à l’abri du vent dans les locaux de la réserve. Pour la suite, nous nous donnons rendez-vous une quinzaine de kilomètres plus loin au Musée de la Camargue pour aller à l’observatoire du Pont de Rousty.

Le vent n’est pas dans le bon sens mais nous arrivons tant bien que mal au point de rendez-vous. Seulement, il est déjà un peu tard pour tenter un aller-retour à l’observatoire et nous devons nous préoccuper en priorité de l’endroit où nous passerons la nuit. Les terrains alentours sont incampables (clôturés, privés, ou à l’intérieur de la réserve) et il faut absolument trouver un secteur abrité car un fort vent est annoncé pour la nuit. Marine contacte les gîtes des environs mais ils sont complets en cette période de vacances scolaires. De recommandation en recommandation téléphonique, nous obtenons l’autorisation de planter notre tente chez un particulier à quelques coups de pédales. Emmanuelle préfère rentrer vu les conditions météo désastreuses du week-end, et nous quitte au moment où nous installons la tente dans le jardin que l’on nous prête gentiment. Le vent commence à souffler très fort, les rafales hurlent dans les arbres et les bambouseraies, mais la tente tient bon toute la nuit.

Dimanche 26 Février. Huit heures, nous sommes déjà partis en direction de la cabane de Guardian, une petite construction aux murs blanchis et au toit de chaume, perdue dans les étendues de salicorne. Heureusement, la façade plein Sud est flanquée d’un petit banc protégé des bourrasques. Nous passons la matinée entre l’observatoire et la roselière à observer ceux qui barbotent tranquillement sur l’eau, et ceux qui peinent à garder un cap dans le ciel agité. Nous réfléchissons à la stratégie à adopter pour avancer dans cette journée de tempête. Rester à attendre que cela se calme nous met dans l’impasse d’hier, et nous ne nous voyons pas demander une autre nuit dans le jardin où nous étions. Nous décidons d’avancer vers le village de Salin-de-Giraud où au pire, nous trouverons une chambre (le camping est fermé) à défaut de bivouac. Nous avons un peu plus de quatre kilomètres à parcourir exposés en plein vent, avant la bifurcation de Sainte Cécile où nous l’aurons dans le dos.

La cabane du guardian
Musée de la Camargue

La violence du vent nous oblige Ă  marcher en poussant les vĂ©los, lĂ©gèrement inclinĂ©s pour Ă©viter qu’ils ne nous emportent. Très concentrĂ©s, car nous avons chacun cinquante kilos Ă  maĂ®triser dans les rafales imprĂ©visibles ; nous marchons d’un bon pas sur la voie de gauche, pour mieux anticiper le passage de vĂ©hicules, et stoppons notre convoi Ă  chaque croisement. Au deuxième kilomètre difficilement atteint, nous stoppons net car une voiture s’arrĂŞte Ă  notre hauteur. La mĂŞme que celle aperçue dans l’autre sens il y a une minute, que nous avions identifiĂ©e avec un vĂ©lo Ă  l’arrière. Ces personnes ont fait demi-tour pour venir nous voir… Pourquoi ? Nous reconnaissons dans l’habitacle Lucie et Alex, avec qui nous avons partagĂ© l’étape de la frontière italo-française au mois de Novembre !

Cette rencontre improbable nous redonne de l’énergie pour continuer notre calvaire jusqu’à l’intersection oĂą nous pouvons enfin nous dĂ©tendre un peu. Le vent dans le dos maintenant, nous avançons Ă  trente kilomètre par heure sans donner un seul coup de pĂ©dale. Gabriel remarque qu’en Ă©cartant un bras, il gagne encore en vitesse, c’est du dĂ©lire ! Par contre pour les oiseaux, c’est pas gagnĂ©, aucune pause n’est possible et les Ă©tangs ont l’air complètement dĂ©sertĂ©s. Pauvres Flamants roses, tous en ligne derrière un des seuls abris du Vaccarès…

La Camargue est vraiment hostile au bivouac, d’autant plus par ces conditions venteuses où nous cherchons dans ces étendues rases, une haie bien orientée à l’écart de la route.

– Tout est privĂ©, vous ne pouvez camper nulle part, nous avait dit au tĂ©lĂ©phone la personne chargĂ©e de l’accueil Ă  la Capelière.

– Et si l’on campe dans une voiture, on peut dormir près du Fangassier ? RĂ©pond du tac au tac Marine, qui sait que c’est un repère pour les camping-cars.

– Ah oui, si vous ĂŞtes en voiture c’est bon.

– Et si c’est une voiture sans moteur et sans roue, avec une carrosserie en toile de tente et des sardines, c’est autorisĂ© alors ?

La dernière rĂ©plique, nous l’avons Ă©videmment gardĂ©e pour nous, agacĂ©s de constater l’acceptabilitĂ© du stationnement nocturne des vĂ©hicules polluants d’un cĂ´tĂ©, et le mĂ©pris des randonneurs en tente (les plus discrets et respectueux soient-ils) de l’autre. L’Ă©chelle de valeurs nous semble complètement Ă  l’envers.

Nous approchons de Salin, et toujours aucune piste de bivouac quand Gabriel freine tout Ă  coup. Son flair pour les bons coins nous emmène de l’autre cĂ´tĂ© d’un petit canal d’irrigation au milieu des labours. Quelques minutes plus tard, nous sommes au pied du seul arbre du secteur, dont les ronces et lianes entremĂŞlĂ©es Ă  son pied forment un barrage au vent inespĂ©rĂ©. Le sol a Ă©tĂ© dĂ©broussaillĂ© rĂ©cemment, il nous faut donc jardiner un bon quart d’heure pour retirer les rejets de ronces qui pourraient percer notre toile ou nos matelas. Nous attendons le coucher du soleil, vers dix-huit heures passĂ©es pour Ă©riger notre maison. La tente Ă  peine tendue, nous entendons des Grues cendrĂ©es se rapprocher. Quelques unes, puis dix, puis cent, puis des centaines dĂ©filent dans la mĂŞme direction, luttant contre le vent pour rejoindre leur dortoir. On a Ă©tĂ© malmenĂ©s toute la journĂ©e, mais la rĂ©compense est magique !

Grues cendrées
Grues cendrées en vol (quatre adultes et deux jeunes)
Grues cendrées en vol
Grues cendrées

Lundi 27 FĂ©vrier. Une petite rainette Ă  passĂ© sa nuit contre nos tĂŞtes dans le auvent. Comme nous, elle a eu besoin de s’abriter du mauvais temps pour la nuit et des tempĂ©ratures qui ont chutĂ©. Car ce matin il fait zĂ©ro, et la pluie s’est changĂ©e en neige. Nous filons au premier cafĂ© que nous trouvons au village et y Ă©talons nos gants et nos guĂŞtres humides sur les radiateurs. Ni les hommes attablĂ©s cartes en main et discutant bruyamment, ni le gĂ©rant dĂ©garni derrière son zinc n’imaginent que nous avons passĂ© la nuit dehors. Ils nous saluent d’un « bangjourrr » qui sent le Sud. Le programme de la journĂ©e dĂ©pend des Ă©claircies. Nous pourrons aller observer les oiseaux des baisses jusqu’à PiĂ©manson avant quinze heures si les prĂ©visions se confirment. La lumière est mauvaise pour les photos, et le vent encore une fois peu propice, mais nous faisons tout de mĂŞme de belles observations de bĂ©casseaux depuis le bord de la route. Quand la pluie revient, nous faisons demi-tour en comptant une deuxième fois sur le cafĂ©, mais il est fermĂ©. Son auvent nous offre nĂ©anmoins de quoi laisser passer l’épisode avant de rejoindre le bivouac des grues et de la rainette.

Rainette méridionale
Grues cendrées à Salin-de-Giraud
Bécasseau minute dans les baisses
Mouette rieuse, Grau de Piémanson
Bécasseaux sanderling
Bécasseaux sanderling

Mardi 28 Février. Nous traversons le delta du Rhône par la digue à la mer, petit cordon de terre caillouteux au milieu de la lande parsemée d’arbrisseaux, et des vasières protégées par la dune. Une huppe fasciée a égayé notre parcours à partir du phare de la Gacholle, volant devant nous puis se reposant sur la route avant de décoller de nouveau, et ainsi de suite sur un bon kilomètre. Il fait cinq degrés avec un vent de travers soutenu et des passages ensablés, mais cela ne nous empêche pas d’atteindre les Saintes-Maries de la mer pour l’heure du déjeuner. Nous avons bien mérité une pizza au chaud en arrivant ! Nous prenons contact avec Lucie et Alex, installés à Port Camargue qui nous hébergent pour la nuit. C’est encore à une quarantaine de kilomètres, mais la promesse des retrouvailles (et surtout celle d’une douche), coïncidant avec l’anniversaire de leur départ à vélo, nous motive à pédaler (presque) sans pause ornitho jusqu’à la cité balnéaire.

La digue Ă  la mer
Flamants roses
Pluviers argentés
Courlis cendré
Tournepierre Ă  collier, Plage des Saintes-Marie-de-la-mer
Cigogne blanche
Flamants roses

Lucie et Alex nous accueillent avec la simplicité et l’hospitalité de ceux qui savent ce que c’est que d’arriver fatigués après dix jours d’itinérance. Le chien et le chat de Lucie font connaissance avec nous, et nous acceptent eux aussi joyeusement dans leur espace.

Mercredi 1er Mars. JournĂ©e repos en bonne compagnie, car nous restons volontiers une deuxième nuit chez nos hĂ´tes. Petite balade sur la plage et sur l’étang de Salonique le matin, puis visite d’Aigues-Mortes l’après-midi. Toutes les questions que se posent nos amis en ce moment sur la sĂ©dentarisation post-voyage font Ă©cho en nous. Nous aurons nous aussi le choix de nous enraciner quelque part, mais oĂą ? L’équation lieu de vie et activitĂ© professionnelle est difficile Ă  rĂ©soudre, nous reportons l’heure des choix Ă  plus tard, après l’Espagne… Laissons de cĂ´tĂ© cela pour le moment, le coucher de soleil face Ă  la mer est une splendeur depuis la terrasse !

Grand cormoran

Jeudi 2 Mars. DĂ©part Ă  neuf heures et demi, pleins de gratitude pour Lucie et Alex. Le ravitaillement fait, nous attaquons maintenant la traversĂ©e des citĂ©s balnĂ©aires du Grau du roi puis de la Grande motte, univers de bĂ©ton blanc tout en obliques et en courbes, stores baissĂ©s et vitrines vides en attente du dĂ©marrage de la saison touristique. Ă€ la sortie du Golfe d’Aigues-Mortes, nous empruntons brièvement le canal du RhĂ´ne Ă  Sète, cyclable jusqu’à Villeneuve-lès-Maguelone. L’occasion d’observer quelques Tournepierres Ă  collier, Grands cormorans, HĂ©rons cendrĂ©s, Grèbes Ă  cou noir ainsi que les premiers Cochevis huppĂ©s. Ă€ partir de l’Abbaye du Pilou, le canal est malheureusement interdit aux cyclistes, nous obligeant Ă  contourner complètement l’étang de Vic. Raison de plus pour aller visiter les salins du Sud-Ouest de Villeneuve oĂą les Hirondelles de fenĂŞtres nous indiquent que la migration a bel et bien commencĂ© !

Aigrette garzette
Grands cormorans
Canal du Rhône à Sète depuis Palavas

L’heure du bivouac approchant, nous nous dirigeons vers la colline du Cau, petit promontoire entre la voie ferrĂ©e et l’autoroute. Deux hommes cherchent dans le secteur des falaises l’entrĂ©e de la « Grotte des quarante Â», une cavitĂ© oĂą auraient Ă©tĂ© retrouvĂ©s des ossements humains datant de la prĂ©histoire. L’un d’entre eux s’aventure Ă  escalader sans Ă©quipement les rochers, dĂ©place des cailloux, enlève des vĂ©gĂ©taux… Nous finissons par trouver une plateforme Ă  peu près plate et protĂ©gĂ©e du vent un peu plus loin. Au coucher du soleil, nous rĂ©pĂ©tons notre chorĂ©graphie : dĂ©rouler les bâches et le tissu, dĂ©ployer les arceaux, recouvrir avec le double-toit, et nous sommes enfin chez nous.

Vendredi 3 mars. Fait notable, on se rĂ©veille enfin avec un peu de soleil et dĂ©cidons d’aller en profiter pleinement sur la plage de galets des Aresquiers Ă  moins de dix kilomètres. Les Serins cinis sont dĂ©jĂ  bien actifs Ă  cette heure-ci, nous faisant presque croire Ă  leur chant Ă©raillĂ© que notre chaĂ®ne mĂ©rite d’être graissĂ©e. Nous passons ensuite un long moment sur la plage de Frontignan Ă  observer les nombreux Pouillots vĂ©loces et Fauvettes mĂ©lanocĂ©phales dans les tamaris du bord de mer, avant de rejoindre Sète oĂą nous dĂ©jeunons face aux bateaux. Le reste de l’après-midi est plutĂ´t monotone sur la grande piste du long des plages avec du vent de face, jusqu’à Agde que nous dĂ©passons pour chercher oĂą dormir. Un peu avant Portiragnes, une pelouse jouxtant la piste cyclable nous paraĂ®t parfaite, une fois que les promeneurs l’auront dĂ©sertĂ©e. Un couple s’arrĂŞte discuter avec nous, et tout deux nous apprennent que nous nous trouvons juste Ă  cĂ´tĂ© de la rĂ©serve de Grand salon oĂą ils ont observĂ© des Cigognes au nid. Nos vĂ©los nous y mènent sans encombre, sur une piste de terre craquelĂ©e et bosselĂ©e que l’on aurait eu des rĂ©ticences Ă  prendre avec nos anciennes montures : ils passent partout !

Bruant des roseaux
Fauvette mélanocéphale
Pouillot véloce
Etourneaux sansonnets
Tadorne de Belon
Flamants roses

Samedi 4 Mars. RĂ©veil agrĂ©able avec en fond sonore le chant des Cochevis huppĂ©, qui pourrait faire penser Ă  celui d’une grive. Pour une fois, nous prenons le petit dĂ©jeuner sur place, et chargeons sans hâte nos vĂ©los. Encore du vent de face, on est abonnĂ©s !

Cochevis huppé

Un peu avant de traverser le canal de l’Aude, Marine sent son pneu se dĂ©gonfler en repartant d’une pause ornitho faite en marge d’un rond point. Première crevaison ! La chambre Ă  air semble pourtant intacte, la fuite ne sera pas facile Ă  repĂ©rer. Pour gagner du temps, nous la remplaçons par une toute neuve, et c’est reparti vers les Ă©tangs de la cĂ´te.

Narbonne plage
Aigrette garzette
Faucon crécerelle
L’Ă©tang de Pissevaches

Malheureusement, le vent est toujours aussi présent et ne facilite pas notre recherche de lieu pour déjeuner. Nous pédalons encore longtemps avant de jeter notre dévolu sur un sous-bois de pins au bord de la route. Après Saint-Pierre-la-mer et Narbonne-plage, que nous trouvons d’un ennui terrible, le rocher de Gruissan apparaît enfin, et avec lui la promesse des oiseaux de passage.

Nous contournons par le Sud l’île Saint-Martin oĂą nous pensons pouvoir trouver un bivouac, sans succès. Le chemin termine en impasse sur le stationnement du dĂ©part des balades, oĂą la signalĂ©tique indique clairement l’interdiction d’y planter une tente, et mĂŞme d’y stationner la nuit (pour une fois, on est Ă  Ă©galitĂ© avec les campeurs sous carrosserie). L’heure tourne, et Ă  mesure que le soleil baisse, nous voyons nos chances de visiter les salins s’amenuiser. Après plusieurs essais infructueux en revenant sur nos pas, le flair lĂ©gendaire de Gabriel nous conduit sur une terrasse en belvĂ©dère sur les salins, et protĂ©gĂ© du vent qui plus est ! Une lune quasi pleine se lève sur notre terrain temporaire, projetant sur la toile les ombres portĂ©es des pins mĂ©diterranĂ©ens.

Dimanche 5 mars. Direction l’étang de l’Ayrolle, spot de suivi migratoire de Gruissan. Sur place, cinq personnes l’œil dans la longue-vue sont postées en ligne. Pas de doute, nous sommes au bon endroit.

– Alouettes en vol, signale l’un d’eux.

– Ah oui, bien vu. Il y a une lulu avec !

Marine rajoute Ă  la file de longue-vue la sienne, tirĂ©e du sac Ă©tanche du porte-bagage arrière, et scanne Ă  son tour l’horizon au Sud-Ouest pour repĂ©rer les oiseaux remontant vers le Nord. Chaque observateur contribue au suivi en signalant Ă  voix haute les oiseaux dĂ©tectĂ©s en migration active, le plus prĂ©cisĂ©ment possible. En donnant des indications sur l’espèce, et sur la localisation par rapport aux repères du paysage. Les passereaux sont difficiles Ă  saisir et Ă  dĂ©terminer Ă  distance. Et mĂŞme les plus gros ne peuvent ĂŞtre identifiĂ©s qu’à leur seule silhouette et manière de voler. Chez les ornithos, on appelle cette identification par le comportement propre Ă  chaque espèces le «jizz». Une notion qui serait dĂ©rivĂ©e de l’acronyme « GISS Â» (General Impression of Size and Shape) des pilotes de l’armĂ©e de l’air, capables de reconnaĂ®tre en un coup d’œil les aĂ©roplanes ennemis ou alliĂ©s.

On comprend l’intĂ©rĂŞt du site pour observer le flux migratoire : les oiseaux survolant de prĂ©fĂ©rence la terre ferme n’ont pas beaucoup d’options en remontant vers le Nord, surtout par vent contraire comme aujourd’hui. Quand ils ont le vent dans le dos, le flux est plus diffus et plus haut en altitude, donc moins visible. Ici les oiseaux franchissent Ă  un moment ou un autre l’étang de l’Ayrolle, soit par l’Ouest (cĂ´tĂ© via ferrĂ©e), soit par l’Est (cĂ´tĂ© Salins). Certains, comme quelques Ă©perviers choisissent l’option de couper au ras de l’eau, et nous font ainsi le plaisir de passer tout près. Quelques Milans royaux prĂ©fèrent le passage cĂ´tĂ© salins, quand les Circaètes Jean-le-Blanc contournent très largement par la terre ferme vers les Ă©oliennes. Les Bergeronnettes grises arrivent en masse, les Cigognes dĂ©barquent très haut, quelques grues volent en lignes discrètes sur fond de ciel, et les courageuses Hirondelles rustiques surgissent sans qu’on les ai vraiment vues venir. Ça sent le printemps, ça sent le printemps !

Le vent retombe un peu, le flux des oiseaux se tarit sans que nous ayons vu le temps passer, Marine les yeux dans les jumelles et la longue-vue, et Gabriel Ă  l’abri du vent au soleil. Encore une dernière cigogne, puis nous remercions le groupe en leur souhaitant de bonnes observations, pressĂ©s de reprendre nos vĂ©los avant que le vent ne bascule au Sud. C’est Ă  notre tour de contourner l’étang de l’Ayrolle, en longeant la voie ferrĂ©e puis en empruntant l’ancien chemin de halage jusqu’à l’île Saint Lucie. Peut-ĂŞtre sommes nous passĂ©s brièvement dans le champ de vision des longue-vues des ornithologues d’en face ?

Nous y faisons la rencontre d’un cyclo-nomade anglais, depuis trois ans sur les routes, et qui nous conseille le meilleur itinĂ©raire selon lui pour traverser les PyrĂ©nĂ©es. L’eurovĂ©lo est trop raide et caillouteuse, il vaut mieux passer le long de l’autoroute. Nous avions en tĂŞte de longer la cĂ´te, mais cela pourrait ĂŞtre un plan B en cas de vent trop violent. Dernière cĂ´te de la journĂ©e pour traverser Leucate et nous redescendons sur le Lido qui nous mène Ă  Port Leucate. Quand soudain, dans le virage de la piste cyclable surgissent trois personnes qui nous filment avec leurs tĂ©lĂ©phones. Le père et les sĹ“urs de Marine en comitĂ© d’accueil ! Plus que sept kilomètres et nous pouvons enfin dĂ©poser nos sacoches dans la maison oĂą nous resterons plus d’une semaine Ă  profiter de moments en famille, rĂ©diger l’aventure, observer les oiseaux et reprendre des forces (et attendre que la tramontane se calme!) pour ce qui nous attend prochainement : la traversĂ©e des PyrĂ©nĂ©es.

Huppe fasciée

Un grand merci Ă  HĂ©lène pour cette halte en Ardèche, Ă  dame Florence de Joyeuse pour les moments partagĂ©s, SĂ©bastien en Camargue pour nous avoir permis de passer la nuit Ă  l’abri du vent, Ă  Emmanuelle pour ces retrouvailles au pays des oiseaux, Lucie et Alex pour ce Warmshower improvisĂ© Ă  Port Camargue, et au papa de Marine pour le sĂ©jour Ă  Port Leucate !

Plage de Port Leucate
Gravelot Ă  collier interrompu
Gravelot Ă  collier interrompu
Gravelots Ă  collier interrompu
Arrivée à Port Leucate

Liens liĂ©s Ă  l’Ă©pisode :

1 rĂ©flexion sur “28 – Menglon > Port Leucate (km 12 000 > km 12 800)”

  1. deschamps Hélène

    coucou les amis ! Quel bonheur de vous suivre…. Les photos sont magnifiques, l’aventure palpitante, bien qu’assez humide, pour un peu je sentirais le vent, l’affreux vent ennemi des cyclistes… Vous ai-je racontĂ© qu’un jour oĂą j’Ă©tais Ă  vĂ©lo sur une route de Camargue, près des Salins de Giraud, une automobiliste s’est arrĂŞtĂ©e pour me prĂ©venir : « il y a un taureau sur la route Ă  quelques dizaines de mètres !  » Je n’avais pas le choix, je devais avancer, les genoux en coton ! mais heureusement, quand je me suis avancĂ©e, le taureau avait rejoint son prĂ© !
    J’espère que vous vous ĂŞtes bien reposĂ©s, sĂ©chĂ©s, ravitaillĂ©s, et que vous ĂŞtes en forme pour traverser les PyrĂ©nĂ©es. Gros bisous, on pense Ă  vous ! HĂ©lène

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