03 – Frein à main

A cyclo, stopper sa lourde monture sur le bas côté de la route, ou au beau milieu d’un village -pour courir précipitamment vers la première boulangerie, et acheter tout se qui se mange- suppose une certaine anticipation.

Car il faut bien stationner son véhicule, en toute sécurité, afin qu’il ne s’écroule pas sous son poids.  Souvent le vélo du Cyclo aime faire des salto de la fourche avant, le faisant à coup sûr, tomber à terre (par manque d’entraînement, j’en suis sûr…)

Bref, comment stopper net son biclou, comme si l’on lui avait envoyé le sortilège de la statue de pierre sans l’usage d’une béquille ? La béquille fonctionne, certes, mais elle est lourde et parfois pas adaptée au terrain dans lequel elle s’enfonce.

C’est très simple. Pour se faire, il vous faudra une bride de cale pieds. Celle en nylon ou mieux, en cuir pour les puristes. Sauf que dans ce cas, cela ne sera pas aux pieds qu’elle se serrera cette bride, mais à votre poignet de guidon, celle équipée de votre frein avant. Non, pas votre poignet à vous, sinon c’est vous qui allez vous transformer en statue de pierre pendant que votre équipier engloutira à lui seul, toutes les viennoiseries fraîchement sorties de la boulangerie !

Bref, encerclant le guidon avec cette bride, vous pourrez maintenir facilement la poignée de frein avant en position de freinage. Votre roue se trouvera alors bloquée, comme pétrifiée, ne répondant à aucun coup de bâton, un vrai bourricot ce vélo.

Mais je vous vois venir… vous allez me dire : votre vélo… il va pas tenir tout seul comme avec une béquille, il va se casser la margoulette !

Et oui… c’est vrai. C’est pourquoi, il aura fallu immanquablement anticiper cette action en sachant contre quoi reposer votre lourd vélo. Je vous arrête tout de suite, la fine baguette de noisetier ne fonctionne pas ! Il faut quelque chose de costaud ! Un poteau, un mur, un arbre, un château ou un parapet. Chacun pourra y mettre de son invention et en faire part à l’association des pétrifieurs de vélos en envoyant sa photo légendée* à cyclopithecus@gmail.com qui se chargera alors de communiquer ces dernières sur un espace spécialement dédié.

*Format numérique, avec prénom et description du support  (Arrêt de bus, toilette public, borne incendie…)

02 – Ortlieb hacking

A quelques jours d’intervalle,  deux clips de sacoches Ortlieb de Marine ont cassé. Ses sacoches ont été achetées neuves il y a 5 ans. C’est la partie mâle du clip qui est concernée. Il n’est donc plus possible de l’utiliser.

clip “Stealth” de Ortlieb cassé…
La réparation de fortune avec du Duct Tape n’a pas tenu très longtemps.

Les pièces de rechange ne sont pas disponibles chez les vélocistes de la région et la commande par internet devient compliquée en itinérance. Nous allons réparer cela nous-mêmes. L’idée est alors de conserver la moitié du clip Ortlieb afin de faire une intervention plus simple. Nous conservons la partie femelle, déjà en place, cela évitera de démonter toutes les sangles.

Achat d’un lot de 2 boucles clips polyamide STANDERS L.58mm x l.25mm (Leroy Merlin, 2,30€).
Libérer la partie mâle en décousant la couture. Recoudre le nouveau clip sur la sangle.

Enfin, sur la partie mâle neuve, limer l’extrémité de la gorge, de façon à pouvoir Insérer correctement cette nouvelle pièce dans la partie femelle Ortlieb. Si cela n’est pas fait, ces deux clips (différents) – se connecteront en force et risqueront de se casser à nouveau.

01 – Les jantes

Après ces premiers 800km et ces longues descentes dévalant depuis les hauts plateaux du Jura. Ces coups de patins effrontés afin de ne pas rentrer dans le vélo de son équipier -que nous suivions de trop près- et s’arrêtant soudainement pour je ne sais quelle raison. Nos vielle jantes montrent des faiblesses. C’est d’abord la roue arrière de Marine qui nous alerte, puis viendront celles Gab. Il est vrai que ces jantes sont d’origine, et nos vélo date des années 1995 !

On aurait pu les changer avant pourrez-vous nous dire !

Oui, c’est vrai…

Mais de cette façon elles auront vécu jusqu’au bout de leur vie de jantes. En respectant leur grand âge, nous les aurons fait participer au début de cette grande aventure. Nous les mettons donc en retraite en Alsace, au premier Decathlon,  où nous les remplacerons par de toutes jeunes, très motivées (Colmar pour Marine, Strasbourg pour Gab).

L’usure de nos vielle jantes s’est caractérisée par la suspicion de fissures sur leurs flancs. Suspicions bien soupçonnées car ces suspicions se sont avérées se transformer rapidement en fissures ! De 3 a 4 cm, parallèlement à la surface de freinage et celle de gaB à même tenté et réussi à faire une traversée perpendiculaire à cette surface de freinage ! C’est vrai que les flancs présentaient quand même des creux d’au moins 1 mm!

Les kilomètres roulés avec nos jantes fissurées n’ont pas été les plus sereins. Surtout après que plusieurs de nos hôtes nous aient raconté de terribles démantèlement de jantes, allant même jusqu’à l’explosion de roues !

Alors Marine, très organisée a commandé sur internet nos pièces usées. Nous avons rendez-vous à Colmar à 12h00 pour faire changer sa roue. Elle part dans l’atelier du vendeur accompagné de son vélo chargé de tout son équipement et en ressort rapidement m’annonçant que son vélo sera prêt dans une demi-heure ! Nous attendons en piqueniquant et faisant sécher notre tente au soleil, ce qui évidemment n’est pas des plus discret sur ce parking de cette enseigne de grande distribution sportive. Cela aura eu le mérite de faire arrêter une fan de cyclotourisme et partager une chouette discussion. Finalement, le vélo ressort avec une jante toute neuve.

« Chouette, le montage de mes pignons m’a été offert ! En plus il ont dû tout démonter. Je ne sais pas comment ils ont fait avec toutes les sacoches, ils ont dû bien s’embêter ! 

Ouah, la chance ! »

Mais, (car il y a toujours un mais..), c’est bien pendant ce temps où le vélo de Marine se faisait bichonner par le technicien que sournoisement, celui de Gab, vient à s’exprimer. La jante, murmurant a son tour:

 “Hey ! Psss ! gaB ! moi aussi j’ai une toute petite fissure, moi aussi j’aimerais prendre ma retraite !

– C’est tout entendu ma chère jante. Après une courte discussion entre nous, la décision est prise : nous changerons les deux jantes du vélo de gaB. Comme cela, nos vélos ne seront pas jaloux!”

Le rendez vous est pris à Strasbourg, là où les pièces sont disponibles, et réservées. Même tintouin, arrivé sur le parking de Décathlon à 10h00. gaB démonte tout son vélo, devant les portes du magasin en espérant faciliter la tâche au mécano, un vrai atelier à ciel ouvert. Part dans le magasin avec ses deux roues et en ressort quelques minutes plus tard.

« J’suis dègue, la pose m’a été facturée. A moi, ils ne m’ont pas fait de cadeau.

-Ho zut, j’aurais dû y aller.»

Après 1h30 les nouvelles jantes sont en place, il restera encore quelques remontages à faire ultérieurement. Moralité de cette histoire : rien ne vaut mieux que le dernier moment, pour faire des choses que nous aurions pu faire bien avant !